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mercredi 21 décembre 2016

Bien préparer le contrôle de l’inspecteur





 
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Dès le jour où vous recevez votre convocation pour le contrôle , vous devez vous préparer . Il s'agit surtout de ne pas s’y prendre 3 jours avant .
Inutile de stresser , l’inspecteur vient pour vérifier s’il y a bien « instruction complète » de vos enfants . C’est à dire:
  • que vous avez des supports (livres, manuels, site internet, peinture,calculatrice,boulier ……)
  • que vos enfants les utilisent
  • que vos enfants sont dans les clous du socle commun
  • que vos enfants progressent au fil des ans
Afin de vérifier ce dernier point, l’inspecteur proposera des exercices (écrits ou oraux) à vos enfants . Pourquoi Pour avoir la preuve de ce que vous avez avancé . Dire que l’on instruit , avoir des cahiers et des livres ne prouve  rien .

La première étape est de réaliser un dossier , que vous expédierez à l’inspecteur en charge du contrôle 15 jours avant le RDV . Ni trop tôt , car il aura vite fait de l’oublier, ni trop tard, on veut quand même qu’il le lise . Ce dossier se composera :
_ La liste des supports que vous utilisez : livres, manuels, site internet , kit de sciences, matériel Montessori , logiciel de géométrie, jeu de société éducatif ….. soyez le plus complet possible .
_ Une courte présentation de chaque matière : expliquez comment vous abordez les différentes matières, une par une . Et si vous ne faites pas une matière pour une raison précise , c’est le moment de l’expliquer aussi . Quelques lignes suffisent , mais cela permet à l’inspecteur de mieux comprendre votre fonctionnement .
_ Une vision de l’année entière : si vous avez une programmation sur l’année , la liste des leçons /notions que vous avez prévues de faire . que cela soit très précis ou assez vague, l’essentiel est de démontrer à l’inspecteur que vous prenez l’instruction de vos enfants , sérieusement .  Plus vous « paraîtrez » organisé, mieux ça sera .
Conseil :  n’essayez pas de parler le même langage  ou de faire des liens entre le socle commun et les connaissances de votre enfants . Ceci est le travail de l’inspecteur, pas le vôtre .

 La deuxième étape  est de se préparer  à cette visite .  Bien que la plupart des contrôles se passent relativement bien, nous nous devons d’être préparés . Non pour déclarer la guerre mais  pour défendre nos droits .  Ne sachant pas comment sera notre interlocuteur, il faut  être paré à tout .
Avec tout ceci , l’inspecteur viendra en connaissance de cause . Il aura un large aperçu de l’instruction que vous dispensez à vos enfants .
« Nul n’est censé ignorer la loi ! »
Bien que les inspecteurs les connaissent ,il a été rapporté certains abus . Donc nous prendrons soin d’avoir pris connaissance  :
_ des textes de loi (articles, décret , amendement etc…), que nous aurons aussi à portée de main le jour du contrôle .
_ du programme de l’éducation nationale , correspondant à celui de votre enfant .Même si vous n’êtes pas tenu de le suivre , c’est  important de le connaître , au cas où , l’inspecteur aurait des demandes supérieures au niveau .
_ des attendus de fin de cycle  . Suite au nouveau décret , nous devons connaître ces attendus et les appliquer . Il serait utile d’en avoir une copie , si l’inspecteur y fait référence, vous pourrez la sortir et encore une fois démontrer votre sérieux .
_ établir une liste des points faibles de votre enfants ainsi que des parades contre d’éventuelles remarques .( document personnel, ne surtout pas le monter)
_ préparer des arguments « en béton » quant au niveau qui nous est demandé en IEF et celui réel des enfants scolarisés . Pour ce faire les résultats des enquêtes PISA , TIMMS  2016 sont imparables .
Ainsi que le code de l’éducation lui même , où il est écrit , que les attentes sont plus élevées pour les enfants dépendant de l’instruction en famille .
L’article D 332-2 du Code de l’éducation (l’ancien, le nouveau) et D 131-12 du même code :
page-facebook-instruction-en-famille

mercredi 16 novembre 2016

Quelles sont nos libertés selon la loi?



Le monde de l’instruction en famille peut ressembler bien souvent à un havre de paix où les familles aiment « buller ». Les derniers mois ont fait éclater cette bulle tranquille et les parents se sentent désemparés face aux nouvelles mesures qui semblent remettre en cause la liberté des familles pratiquant l’instruction en famille. Ce sentiment de perdre un peu de liberté provoque beaucoup d’émois. Mais notre liberté est-elle vraiment menacée par le nouveau décret n° 2016-1452?
Nous nous sommes penchés sur le sujet en nous questionnant sur les différentes libertés rattachées au droit de faire l’instruction en famille. Nous pouvons dégager 3 types de liberté:la liberté d'enseignement, la liberté d'instruction et la liberté pédagogique. La loi donne pour chacune de ces libertés des définitions bien précises et il est primordial de les connaître pour comprendre le langage et les véritables attentes du ministère, ainsi que nos droits réels.

La liberté d’enseignement

Afficher l'image d'origine La liberté d’enseignement est comprise par de nombreux parents comme étant le droit d’enseigner le contenu qu’ils souhaitent donner à leurs enfants. Mais quelle est la réalité juridique derrière ces mots? Il faut remonter à la séparation de l’État et de l’Église pour en comprendre sa signification réelle. Lorsqu’en 1882 Jules Ferry rend l’école laïque obligatoire, une lutte avec l’Église déchaîne les passions. Pour calmer le jeu, Jules Ferry accorde un droit d’enseignement en dehors de l’école publique laïque. Il sera possible d’enseigner selon sa conscience religieuse, sans être enseignant de l’État. Cette liberté a été instaurée afin que l’État ne s’arroge pas le monopole de l’enseignement.
Ferdinand Buisson qui présida à ce moment-là la commission parlementaire chargée de la séparation de l’État et de l’Église établit le cadre de la liberté d’enseignement et les abus qu’il faut écarter :
« La liberté pour les familles d'assurer ou non l'enseignement élémentaire aux enfants, la prétendue « liberté du père de famille » de refuser pour ses enfants le degré d'instruction que la société leur offre parce qu'elle le juge indispensable, c'est un premier abus de mots que nous ne saurions prendre au sérieux même pour le réfuter. »(2). La liberté d’enseignement a été également réactualisée par la loi Debré en 1959 (1).
La liberté d’enseignement est donc uniquement la liberté de pouvoir exercer l’enseignement en dehors des écoles laïques publiques de l’État afin que ce dernier n’exerce pas une exclusivité sur l’enseignement. 
L’obligation d’instruction demeure pour tous les enfants de la Nation:que ces enseignements soient dispensés en famille ou dans des écoles hors contrat, ils sont soumis aux mêmes exigences scolaires que les écoles publiques.

La liberté d’instruction
La liberté d’instruction pour les parents se résume à pouvoir choisir le  lieu d’instruction qu’ils souhaitent pour leur enfant:l’école publique, l’école privée sous contrat, l’école privée hors contrat ou l’instruction en famille. Ainsi, lorsque les parents choisissent l’IEF ils font déjà valoir pleinement leur liberté d’instruction et elle n’induit rien de plus! Le parent qui se prévaut de son droit d’instruire son enfant demeure soumis à l’obligation scolaire et à ses attendus. Celle-ci fait partie des droits de l’enfant article 28 qui spécifie « le droit de l’enfant à l’éducation » sur la base de l’égalité des chances « l’enseignement primaire est obligatoire et gratuit pour tous »(3)
Le non-enseignement ne peut être évoqué au nom de la liberté de choix des parents puisque l’emporte d’abord et avant tout le droit de l’enfant à l’éducation.

La liberté pédagogique
 Afficher l'image d'origine
Le terme pédagogie signifie «l’art d’éduquer». Ici, la liberté pédagogique  concerne les moyens pédagogiques que les parents mettent en œuvre pour que leur enfant réponde aux exigences scolaires fixées par L’État dans le cadre du droit à l'instruction de chaque enfant. Les apprentissages autogérés ont leur place dans la mesure où le parent peut démontrer que cette auto-pédagogie conduit aux apprentissages souhaités par L’État.


Comment l’État s'assure-t-il que le droit à l'instruction des enfants est bien assuré, dans le cadre de ces libertés ?

Il a toujours été convenu et ce, dès l’origine de la loi sur la liberté d’enseignement, que nous devons assurer une instruction qui permette à nos enfants d’atteindre les connaissances et compétences fixées par l’État.
Dans la dernière circulaire(2011), il est clairement spécifié que les inspecteurs doivent observer une progression dans la scolarité des enfants en IEF (4). L'inspecteur d'académie doit s'assurer que la progression retenue «a pour objet d'amener l'enfant, à l'issue de la période de l'instruction obligatoire [16 ans], à la maîtrise de l'ensemble des exigences du socle commun», comme les enfants scolarisés dans les établissements publics ou privés sous contrat.
Le nouveau décret impose que cette progression respecte maintenant les cycles d'apprentissage.


Avons-nous perdu en liberté ?

Le nouveau décret précise les moyens que le gouvernement entend mettre en œuvre afin d’exercer une vérification mesurable des apprentissages obligatoires des enfants hors de l’école publique.
Nous conservons donc nos libertés, mais nous perdons une certaine latitude qui nous permettait auparavant d’atteindre les objectifs du socle commun à 16 ans plutôt qu’à chaque fin de cycle.
Article conçu, réfléchi et rédigé par les membres du Collectif l'Ecole est la Maison

 1. Loi Debré http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/action-culturelle/celebrations-nationales/2009/vie-politique/loi-debre
2.http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3059
3. http://www.humanium.org/…/texte-integral-convention-intern…/
4. http://www.education.gouv.fr/pid255…/bulletin_officiel.html…

jeudi 3 novembre 2016

A propos du nouveau décret


"Selon le Collectif, ce décret a été préparé d'avance en cas de non solution à la commission paritaire. Le texte est simple, concis et très abouti. Il ne peut donc relever d'une improvisation suite au renvoi à l'Assemblée du projet de loi concernant l'IEF.
Nous pensons que ce décret sort maintenant parce que le gouvernement désire que les mesures puissent s'appliquer dès cette année (...)"

Vous pouvez lire l'intégralité de la déclaration publique du Collectif l'Ecole est la Maison en cliquant ici

Pour prendre connaissance du décret dont il est question, cliquez ici

jeudi 20 octobre 2016

L'histoire de l'IEF

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Le décret 14 bis prévoit un amendement à la loi actuelle en prévoyant de renforcer les contrôles. Nous retournons souvent à la loi de Jules ferry de 1882 pour évoquer ce droit qui nous est si cher en instruction en famille. Mais savons-nous comment et pourquoi cette loi a vu le jour?
Aussi étrange que cela puisse paraître, l'IEF est née de l'obligation scolaire laïque de 1882. Jean-Yves Seguy explique ici:
"L’instruction dans les familles est paradoxalement intimement liée à l’idée d’obligation de l’enseignement primaire. La loi Ferry du 28 mars 1882 marque un tournant essentiel de l’histoire de l’école. Elle permet en effet de redéfinir le rôle respectif de l’État, des familles et de la religion dans l’éducation. L’article 4 précise ainsi que l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six à treize ans. Elle peut être donnée soit dans les écoles publiques ou privées, soit « dans les familles, par le père de famille lui-même ou par toute personne qu'il aura choisie». Ce qui est fondamentalement nouveau dans cette loi, c’est que l’État prévoit explicitement ce mode de formation et se propose de contrôler sa mise en œuvre. On organise ainsi un examen que les enfants recevant l’instruction à domicile doivent subir chaque année à partir de la fin de la deuxième année d'instruction obligatoire. Cet examen doit porter sur les matières de l'enseignement correspondant à leur âge dans les écoles publiques.

Afficher l'image d'origineL'école existe depuis longtemps. Nous pouvons remonter jusqu'à l'Antiquité égyptienne pour y voir sa trace. Elle a été longtemps dispensée aux enfants de la classe aisée. On donnait aux enfants pauvres une instruction religieuse. Voltaire croyait qu'il fallait que le pauvre soit empreint de religion afin que tenté de voler votre chandelier, il y renonça pris par un remord chrétien. Il s'opposa à l'instruction du peuple, contrairement à Diderot:

 " Voltaire recommande ainsi des Lumières limitées au souverain et à l’élite, redoutant que le fils du laboureur, une fois instruit, se détourne des champs et écrivant même qu’il lui paraît « essentiel qu’il y ait des gueux ignorants »."

La Révolution va ancrer davantage l'idée d'une scolarité obligatoire pour tous, gratuite et laïque défendu par Louis Joseph Charlier. Elle deviendra obligatoire un peu moins d'un siècle plus tard...Ce sont donc d'abord les familles aisées qui se  prévaudront de ce droit. Elles avaient culturellement le bagage pour assurer cette instruction. Elles pouvaient s'aider de cours par correspondance tel Hattemer qui a été fondé en 1885. Les religieux ne pouvant plus exercer en institution, certains catholiques de la classe aisée se tournent vers l'instruction à domicile plutôt que de les envoyer dans la nouvelle institution publique.
Heidi: Lorsque l'école devient obligatoire en 1882, bien des riches ne veulent pas mêler leurs enfants aux enfants du peuple. Jules Ferry leur fera une concession en leur accordant le droit d'instruire eux-mêmes leurs enfants à la maison   ou par le biais d'un précepteur
 
Le CNED est fondé en 1939 alors que la guerre empêche certains enfants de fréquenter l'école "'il convient de « créer, pendant la durée des hostilités, un enseignement par correspondance qui suivra les mêmes programmes, les mêmes méthodes et sera donné par les mêmes maîtres que dans les établissements publics », les deux ministres estiment nécessaire « l'emploi d'un personnel de manipulation et d'un matériel spécial ». À cette fin ils obtiennent que soit signé le 2 décembre 1939 le décret portant création d'une structure nationale d'enseignement par correspondance."
 
Ce cours qui devait rester temporaire va devenir pérenne. Ainsi donc, le CNED permet aux enfants privés d'école durant la guerre de bénéficier de cours pour respecter l'obligation  scolaire.
Avec les années, les riches et les catholiques ont leur propre réseau de bonnes écoles privées. L'instruction en famille devient surtout le fait  des familles de diplomates ou de toutes familles vivant à l'extérieur du pays et ne disposant pas d'école française sur leur lieu de vie. Les enfants malades, incapables de suivre une scolarité en établissement auront également recours à une scolarité à domicile. Ces familles s'inscriront aux cours du CNED ou Hattemer.

Il faut attendre mai '68 et le livre d'Ivan Illich Une société sans école (1971) pour qu'une nouvelle clientèle soit attirée par une éducation en dehors des cadres scolaires. Un mouvement plus anarchiste commence à user du droit d'instruire en famille. Ces familles rêvent d'une nouvelle société et désirent que leurs enfants ne soient pas formatées par le système en place. Ces familles instituent de nouvelles approches et tentent de plus en plus d'éviter les contrôles de la loi de 1882 qui ne correspondent pas au type d'éducation non normée qu'elles souhaitent pour leurs enfants.   
             

Elles se regroupent et fondent la première association Les Enfants D'Abord  (LED'A) en 1988. Cette association permet de défendre et d'informer ses membres de leurs droits face à l’Éducation Nationale et permet des regroupements et des rencontres. Depuis, plusieurs groupes se sont formés issus soit de dissensions au sein de LEDA ou plus récemment suite au décret 14 bis (FELICIA et le Collectif l'école est la maison).
                             
Afficher l'image d'origineDans les années '80, certaines familles veulent vivre des expériences de voyage qui demandent de partir un an et plus et utiliseront des cours par correspondance. L'idée que la vie est ailleurs emmènera ces familles à vivre l'IEF sur une courte période.
Au fil des successions des réformes scolaires, des parents se sont ajoutés au cortège de l'instruction en famille cherchant une instruction plus riche pour leurs enfants. De nouvelles écoles par correspondance sont créées tant pour le soutien scolaire que pour ces "nouveaux parents" en IEF. Aujourd'hui, les enfants en IEF sont au nombre incertain de 30 000 élèves selon le gouvernement. Cette incertitude relève du fait qu'il existe des familles qui ne font pas de déclaration auprès de leur Académie et de la Mairie.

Le nouveau décret vise, selon le gouvernement, à éviter toute interprétation de la loi concernant l'IEF. Le mouvement est traversé par différents courants allant des apprentissages auto-gérés des enfants aux enfants en instruction formelle avec cours par correspondance. Le paysage est varié. Il est difficile de parler de la famille de l'IEF tant les courants peuvent y être très distincts.

Article conçu, réfléchi et rédigé par les membres du Collectif l'Ecole est la Maison

jeudi 22 septembre 2016

L'enthousiasme d'apprendre


Notre enfant apprend sans cesse et ce, depuis qu’il a pris sa première inspiration. Dès son premier souffle, il a appris la sensualité du contact avec l’air ambiant, le bonheur de la chaleur du corps de sa mère, la volupté du lait tiède et sucré qui coule sur ses lèvres. Et pour apprendre à évoluer auprès des siens, il a progressé prodigieusement, assoiffé de tout découvrir. Jusqu’à l’âge de raison, l’enfant est doté d’un enthousiasme intrinsèque qui l’amène à vouloir apprendre tout ce que son environnement lui offre à découvrir. L’enfant s’émerveille en observant une chenille ramper; il veut laver la vaisselle seul et désire apprendre à lire pour faire comme les grands.

Puis, peu à peu, cette soif d’apprendre semble se tarir. Avec les années, l’enfant commence à renâcler lorsqu’on lui demande de l’aide pour mettre la table, il refuse d’écrire trois lignes alors qu’avant il crayonnait des « e » bouclés sur des pages entières… et, il semble captif des écrans au détriment des petits romans qu’il avait commencé à lire.

Laissé à lui-même, dans le même environnement, l’enfant se retrouve sans nouveauté pour mettre son cerveau au défi ! Le chercheur Pierre-Marie Lied est catégorique, notre cerveau a besoin de nouveauté, d’émerveillement pour se développer et demeurer alerte. «On parle ici de l'émerveillement d'apprendre et de comprendre. Il s'agit de respecter la libido sciendi, le désir d'apprendre et de comprendre propre à l'être humain.»

Si un environnement riche et stimulant est propice aux apprentissages, il n’est malheureusement pas suffisant pour entretenir l’enthousiasme. Nous constatons que l’enfant n’est pas toujours en mesure de tirer entièrement profit par lui-même des richesses qui l’entourent car il lui manque certaines connaissances pour y accéder pleinement. C’est particulièrement vrai pour les informations qu’il peut recueillir dans les livres ou sur internet. Il peut savoir une information, mais il ne la comprend pas. Il a besoin de l’adulte afin de traiter l’information brute qu’il repère. De plus, l’enfant est souvent sollicité par plusieurs stimuli en même temps et a du mal à sélectionner la priorité entre tout ce qui lui parvient. L’encadrement plus formel d’un adulte lui permet d’avoir un "perchoir pour enthousiasme fatigué" comme le dit si bien la blogueuse de Tara et cie "L'enfant n'est pas à 200% constamment. L'apprentissage formel, par son caractère stable et routinier permet aussi à l'enfant de développer une certaine hygiène mentale." 

La transmission dans un cadre plus formel offre à l’enfant non seulement de nouveaux défis pour stimuler son cerveau mais lui permet de canaliser ses capacités afin d’en retirer le meilleur bénéfice. L’adulte peut présenter à l’enfant des notions, des sujets dont l’enfant ignore même jusqu’à leur existence. Cette ouverture de perspectives et de connaissances nouvelles lui apportent une ouverture exaltante sur le monde. 

Cette transmission faite par un adulte passionné insufflera à l’enfant le désir d’apprendre. L’enthousiasme est souvent contagieux ! 

Nous aimerions croire que l’enfant « surpuissant » sait ce dont il a besoin. Mais comment saurait-il ce dont il ignore l’existence ? Et surtout, comment saurait-il ce dont il a besoin pour l’avenir puisqu’il est intrinsèquement ancré dans le présent. L’adulte doit d’ailleurs préserver cette insouciance en prenant lui-même le souci de son avenir. C’est pourquoi il se chargera de l’ouvrir sur un maximum de sujets variés et inhérents à la société dans laquelle il vit, afin que demain ce dernier puisse accéder à un maximum de carrières possibles et ne soit pas tributaire des choix de son insouciance enfantine.

C’est dans la bienveillance, dans l’empathie que l’adulte veillera à préserver l’enthousiasme de l’enfant qui apprend en l’encourageant, en le valorisant et en soutenant ses efforts qui parfois, quand ils sont vains, peuvent le décourager. Repérer les difficultés que rencontre un enfant et l’aider à les surmonter afin d’accéder à la compréhension permet à celui-ci d’augmenter son estime de lui-même et d’avancer. Se voyant réussir, l’enfant peut à nouveau s’ébahir devant ses nouvelles connaissances.

Il ressort de toutes ces considérations que l’instruction formelle a davantage vocation à susciter l’enthousiasme de l’enfant qu’à étouffer sa curiosité première.

mercredi 13 juillet 2016

Qu'entend-on par instruction formelle en famille?



Bien que marginale, l’IEF compte parmi les courants pédagogiques novateurs du XXIe siècle. L’apport des multimédias dans l’enseignement a opéré un déplacement de la forme scolaire hors les murs des établissements et offre de nouvelles voies possibles d’enseignement telles les classes inversées, les MOOC ainsi que l’instruction en famille qui connait une modeste expansion.

Il existe deux courants principaux en IEF : les unschoolers -que nous appellerons également informels- qui s’appuient sur les apprentissages autonomes et autogérés ; les formels  qui privilégient une approche de transmission structurée. Notre collectif « L’école est la maison » regroupe des familles aux apprentissages formels.

Formel vient du latin formalis « qui a la forme de ». Par conséquent l'apprentissage formel est   déterminé. L’instruction formelle suppose donc un enseignement structuré sur la base de la transmission. Nous considérons celle-ci comme une émancipation qui permet aux enfants d’être outillés afin d’accéder plus facilement aux savoirs et ainsi être en mesure de développer une autonomie et la liberté.

Pour autant, nos enfants ne sont pas vissés sur une chaise toute la journée ! Les apprentissages se font dans la bienveillance et tiennent compte de leurs capacités, de leurs intérêts et de leur rythme. Ils s’appuient sur des méthodes variées qui évitent la fatigue de l’enfant à laquelle nous demeurons attentifs.

Nous osons leur offrir une diversité de champs d’intérêts partant du postulat qu’on ne peut pas développer d’intérêt intrinsèque pour ce que l’on ignore. Plus vastes sont les connaissances, plus grandes sont les possibilités d’apprendre et de s’ouvrir.

L’enfant vit dans l’instant présent. Il ne connait pas les conséquences de ses actions pour l’avenir : c’est pourquoi nous nous situons au-delà de son unique motivation intrinsèque pour guider ses apprentissages. Comme adulte responsable, nous pensons qu’il est de notre ressort de l’aider à acquérir les fondamentaux, même ceux pour lesquels il démontre moins d’intérêt, afin de garder toutes les portes ouvertes lorsque sera venu le moment pour lui de choisir son orientation.


 Nous  choisissons l'IEF parce que ce mode de vie nous ressemble et convient à nos enfants. Nous espérons guider nos enfants afin qu’ils deviennent des citoyens ayant envie de construire et d’enrichir le monde de demain. De même, nous avons conscience qu’un changement brutal peut toujours survenir dans nos vies, c’est pourquoi, tout en suivant un rythme respectueux des capacités de nos enfants, nous ne nous éloignons jamais trop du cursus officiel sachant qu’une rescolarisation est toujours possible.

Bien que structurées, les journées de nos enfants font également place à l’imprévu, à l’instantané et comportent des plages où nos enfants peuvent largement explorer leurs passions et s’adonner aux jeux si importants dans leur vie ! 

Ces apprentissages se veulent balisés dans un esprit de souplesse. En définissant le courant formel dans cet espace public, nous espérons mieux faire connaître nos idées et  les approches qui en découlent.


Article conçu, réfléchi et rédigé par les membres du Collectif l'Ecole est la Maison